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Gustave-Adolphe Mossa
Aquarelle « La Chaste Suzanne »
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6 000 €
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Adjugé : Aquarelle La Chaste Suzanne de Gustave-Adolphe Mossa
Adjugée 6 000 €, cette aquarelle de Gustave-Adolphe Mossa, intitulée La Chaste Suzanne, témoigne de l’univers singulier de l’artiste au début du XXe siècle. Datée de 1904, elle réunit plusieurs techniques — aquarelle, encre à la plume, lavis et peinture dorée — dans une composition raffinée, caractéristique de son goût pour les sujets symbolistes, bibliques et ironiques.
L’œuvre porte en bas à droite l’inscription « Gustav Adolf Mossa, Viciensis Pinxit MCMIV », indiquant qu’elle fut peinte à Vicence en 1904. Le titre, inscrit dans la marge inférieure gauche, renvoie au thème de Suzanne et les vieillards, sujet classique que Mossa traite avec son regard personnel, entre préciosité graphique, ambiguïté morale et esprit satirique.
Déconcertante interprétation du thème biblique classique de la Chaste Suzanne ou Suzanne et les vieillards, voire Suzanne au bain, cette aquarelle est une démonstration de l'irrévérence symboliste de Mossa, dotée d'un fantastique érotisme anticlérical, servi par une puissance graphique non dénuée d'humour (l'éponge). Mossa traitera le thème une seconde fois, en 1906, sous forme de triptyque. On lui doit en tout quelques quatre-cents aquarelles symbolistes.
Par sa date, sa qualité d’exécution, son sujet identifié et sa provenance, La Chaste Suzanne constitue une œuvre significative pour apprécier la valeur des aquarelles symbolistes de Gustave-Adolphe Mossa. Les compositions de cette période, lorsqu’elles sont signées, datées, titrées et bien documentées, occupent une place recherchée sur le marché des œuvres sur papier de Mossa.
La Chaste Suzanne : un sujet biblique réinterprété
Le thème de La Chaste Suzanne, également connu sous le nom de Suzanne et les vieillards ou Suzanne au bain, occupe une place importante dans la peinture occidentale. Il permet aux artistes de représenter la tension entre innocence, désir, voyeurisme, accusation et vertu.
Chez Gustave-Adolphe Mossa, ce sujet devient une scène beaucoup plus complexe. Le titre évoque la chasteté, mais l’image introduit le trouble, l’ironie et une forme de provocation. Le dessin précis, les détails décoratifs, l’usage de la couleur et les rehauts dorés participent à créer une œuvre précieuse, mais aussi profondément critique.
Cette aquarelle démontre l’originalité de Mossa : il ne se contente pas d’illustrer un récit biblique, il le transforme en image symboliste, à la fois littéraire, graphique et satirique. C’est précisément cette tension entre beauté, humour et irrévérence qui séduit aujourd’hui les collectionneurs.
Une provenance importante pour le marché
La provenance de cette aquarelle renforce son intérêt. L’œuvre a été vendue du vivant de Gustave-Adolphe Mossa à Gaudence Bistesi, le 20 décembre 1936. Elle est ensuite restée dans la famille pendant plusieurs décennies.
L’aquarelle avait été considérée comme détruite lors d’un incendie à Nice en 1944, ce qui explique son absence de reproduction dans certains travaux de référence. Après la guerre, elle se trouvait dans la collection du Docteur A., à Nice, avant de nous parvenir par descendance.
Cette histoire donne à l’œuvre une dimension particulière : longtemps conservée dans la même famille, réputée détruite, puis redécouverte, elle présente une provenance suivie et un caractère inédit. Ces éléments sont particulièrement importants pour l’expertise et la valorisation d’une œuvre de Gustave-Adolphe Mossa. BIOGRAPHIE DE L'ARTISTE :
Gustave-Adolphe Mossa naît à Nice en 1883 et meurt dans la même ville en 1971. Fils du peintre Alexis Mossa, il grandit dans un environnement artistique fortement marqué par la culture niçoise, le dessin, l’aquarelle et les arts décoratifs. Très tôt formé à la pratique du dessin, il étudie à l’École des arts décoratifs de Nice, où il se familiarise avec l’Art nouveau et les recherches graphiques de la fin du XIXe siècle.
Au début du XXe siècle, Mossa développe un univers symboliste très personnel. Ses œuvres mêlent références bibliques, mythologiques, littéraires et théâtrales. Il y déploie une imagination singulière, souvent nourrie par la figure féminine, le goût de l’allégorie et de l’ironie. Ses compositions associent une grande finesse de trait à un sens aigu du détail, dans un style à la fois précieux, érudit et volontiers satirique.
Ses aquarelles symbolistes constituent aujourd’hui la partie la plus recherchée de son œuvre. Réalisées principalement dans les premières années du XXe siècle, elles témoignent de son goût pour les sujets ambigus, les mises en scène raffinées et les inscriptions savantes. Mossa y traite les grands thèmes de l’histoire de l’art avec une liberté très personnelle, en transformant les récits religieux ou mythologiques en images troublantes, parfois provocantes, toujours très construites.
Parallèlement à son œuvre symboliste, Gustave-Adolphe Mossa mène une activité importante dans la vie artistique niçoise. Il travaille pour le Carnaval de Nice, réalise des dessins, des maquettes, des affiches, des paysages et des œuvres d’illustration. Il succède également à son père à la direction du musée des Beaux-Arts de Nice, qu’il dirige pendant plusieurs décennies.
Dans La Chaste Suzanne, l’artiste reprend un épisode célèbre de l’Ancien Testament : Suzanne surprise au bain par deux vieillards. Plutôt que de traiter le sujet de manière strictement morale ou religieuse, Mossa en propose une vision libre, caustique et sensuelle. Cette manière de détourner les grands thèmes classiques est au cœur de son langage symboliste.
Caractéristiques de l'œuvre vendue
| Élément |
Description |
| Artiste |
Gustave-Adolphe MOSSA (1883-1971) |
| Titre |
La Chaste Suzanne |
| Date |
1904 |
| Technique |
Aquarelle, encre (plume et lavis) et peinture dorée |
| Signature |
Signée, datée et localisée « Gustav Adolf Mossa, Viciensis Pinxit MCMIV » [peint à Vicence] en bas à droite et titrée dans la marge en bas à gauche |
| Dimensions |
20,5 x 38 cm |
| Style |
Symbolisme |
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6 000 €
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Adjugé : Aquarelle La Chaste Suzanne de Gustave-Adolphe Mossa
Adjugée 6 000 €, cette aquarelle de Gustave-Adolphe Mossa, intitulée La Chaste Suzanne, témoigne de l’univers singulier de l’artiste au début du XXe siècle. Datée de 1904, elle réunit plusieurs techniques — aquarelle, encre à la plume, lavis et peinture dorée — dans une composition raffinée, caractéristique de son goût pour les sujets symbolistes, bibliques et ironiques.
L’œuvre porte en bas à droite l’inscription « Gustav Adolf Mossa, Viciensis Pinxit MCMIV », indiquant qu’elle fut peinte à Vicence en 1904. Le titre, inscrit dans la marge inférieure gauche, renvoie au thème de Suzanne et les vieillards, sujet classique que Mossa traite avec son regard personnel, entre préciosité graphique, ambiguïté morale et esprit satirique.
Déconcertante interprétation du thème biblique classique de la Chaste Suzanne ou Suzanne et les vieillards, voire Suzanne au bain, cette aquarelle est une démonstration de l'irrévérence symboliste de Mossa, dotée d'un fantastique érotisme anticlérical, servi par une puissance graphique non dénuée d'humour (l'éponge). Mossa traitera le thème une seconde fois, en 1906, sous forme de triptyque. On lui doit en tout quelques quatre-cents aquarelles symbolistes.
Par sa date, sa qualité d’exécution, son sujet identifié et sa provenance, La Chaste Suzanne constitue une œuvre significative pour apprécier la valeur des aquarelles symbolistes de Gustave-Adolphe Mossa. Les compositions de cette période, lorsqu’elles sont signées, datées, titrées et bien documentées, occupent une place recherchée sur le marché des œuvres sur papier de Mossa.
La Chaste Suzanne : un sujet biblique réinterprété
Le thème de La Chaste Suzanne, également connu sous le nom de Suzanne et les vieillards ou Suzanne au bain, occupe une place importante dans la peinture occidentale. Il permet aux artistes de représenter la tension entre innocence, désir, voyeurisme, accusation et vertu.
Chez Gustave-Adolphe Mossa, ce sujet devient une scène beaucoup plus complexe. Le titre évoque la chasteté, mais l’image introduit le trouble, l’ironie et une forme de provocation. Le dessin précis, les détails décoratifs, l’usage de la couleur et les rehauts dorés participent à créer une œuvre précieuse, mais aussi profondément critique.
Cette aquarelle démontre l’originalité de Mossa : il ne se contente pas d’illustrer un récit biblique, il le transforme en image symboliste, à la fois littéraire, graphique et satirique. C’est précisément cette tension entre beauté, humour et irrévérence qui séduit aujourd’hui les collectionneurs.
Une provenance importante pour le marché
La provenance de cette aquarelle renforce son intérêt. L’œuvre a été vendue du vivant de Gustave-Adolphe Mossa à Gaudence Bistesi, le 20 décembre 1936. Elle est ensuite restée dans la famille pendant plusieurs décennies.
L’aquarelle avait été considérée comme détruite lors d’un incendie à Nice en 1944, ce qui explique son absence de reproduction dans certains travaux de référence. Après la guerre, elle se trouvait dans la collection du Docteur A., à Nice, avant de nous parvenir par descendance.
Cette histoire donne à l’œuvre une dimension particulière : longtemps conservée dans la même famille, réputée détruite, puis redécouverte, elle présente une provenance suivie et un caractère inédit. Ces éléments sont particulièrement importants pour l’expertise et la valorisation d’une œuvre de Gustave-Adolphe Mossa. |
Gustave-Adolphe Mossa naît à Nice en 1883 et meurt dans la même ville en 1971. Fils du peintre Alexis Mossa, il grandit dans un environnement artistique fortement marqué par la culture niçoise, le dessin, l’aquarelle et les arts décoratifs. Très tôt formé à la pratique du dessin, il étudie à l’École des arts décoratifs de Nice, où il se familiarise avec l’Art nouveau et les recherches graphiques de la fin du XIXe siècle.
Au début du XXe siècle, Mossa développe un univers symboliste très personnel. Ses œuvres mêlent références bibliques, mythologiques, littéraires et théâtrales. Il y déploie une imagination singulière, souvent nourrie par la figure féminine, le goût de l’allégorie et de l’ironie. Ses compositions associent une grande finesse de trait à un sens aigu du détail, dans un style à la fois précieux, érudit et volontiers satirique.
Ses aquarelles symbolistes constituent aujourd’hui la partie la plus recherchée de son œuvre. Réalisées principalement dans les premières années du XXe siècle, elles témoignent de son goût pour les sujets ambigus, les mises en scène raffinées et les inscriptions savantes. Mossa y traite les grands thèmes de l’histoire de l’art avec une liberté très personnelle, en transformant les récits religieux ou mythologiques en images troublantes, parfois provocantes, toujours très construites.
Parallèlement à son œuvre symboliste, Gustave-Adolphe Mossa mène une activité importante dans la vie artistique niçoise. Il travaille pour le Carnaval de Nice, réalise des dessins, des maquettes, des affiches, des paysages et des œuvres d’illustration. Il succède également à son père à la direction du musée des Beaux-Arts de Nice, qu’il dirige pendant plusieurs décennies.
Dans La Chaste Suzanne, l’artiste reprend un épisode célèbre de l’Ancien Testament : Suzanne surprise au bain par deux vieillards. Plutôt que de traiter le sujet de manière strictement morale ou religieuse, Mossa en propose une vision libre, caustique et sensuelle. Cette manière de détourner les grands thèmes classiques est au cœur de son langage symboliste.
Caractéristiques de l'œuvre vendue
| Élément |
Description |
| Artiste |
Gustave-Adolphe MOSSA (1883-1971) |
| Titre |
La Chaste Suzanne |
| Date |
1904 |
| Technique |
Aquarelle, encre (plume et lavis) et peinture dorée |
| Signature |
Signée, datée et localisée « Gustav Adolf Mossa, Viciensis Pinxit MCMIV » [peint à Vicence] en bas à droite et titrée dans la marge en bas à gauche |
| Dimensions |
20,5 x 38 cm |
| Style |
Symbolisme |
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